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soudan

  • Soudanaise en exil, elle dénonce les crimes contre les femmes de son pays et l’indifférence du monde

    Article de  Malo Janin publié dans Basta! le 29.12.2025

    Victimes d’une « guerre internationale pour les ressources », les femmes du Soudan font face aux violences quotidiennes. Alaa Busati, avocate et militante soudanaise en exil, recueille témoignages et preuves pour porter leurs voix devant la justice. 

    Quand elle pense au Soudan, son pays, Alaa Busati voit d’abord ses femmes. Celles qui, sous les bombardements et malgré les atteintes à leurs libertés, « continuent d’agir pour venir en aide à leur peuple », appuie la militante féministe et avocate soudanaise réfugiée en France. « Des crimes terribles sont commis contre les Soudanaises, le viol est utilisé comme une arme de guerre, elles sont réduites en esclavage. Il faut mettre fin aux affrontements, pour leur bien », s’émeut Alaa.

    Le Soudan est le théâtre d’un nouveau conflit depuis le 15 avril 2023. Cette guerre oppose l’armée putschiste du général Abdel Fattah al-Burhane, au pouvoir depuis 2021, aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), de Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemetti, son ancien adjoint.

    Cette guerre a conduit Alaa à l’exil. Demandeuse d’asile depuis octobre 2024, la jeune femme œuvre depuis Marseille pour le droit des Soudanaises. Aux côtés d’autres exilées, elle s’attelle à la création d’un réseau européen pour la paix au Soudan et recueille les témoignages de violences faites aux femmes dans le cadre de cellules d’investigations formées lors de la révolution de 2018. L’objectif : porter ces données devant une juridiction internationale.

    La plus grande crise humanitaire au monde

    La situation au Soudan est « la plus grande crise humanitaire au Monde » disait en avril le Programme alimentaire mondial des Nations unies. Après deux ans et demi de guerre, le pays compte 14 millions de déplacées. Le conflit a fait au moins 150 000 morts, 25 millions de Soudanaises sont confrontées à une faim extrême.

    Les femmes sont en première ligne. Ce sont elles qui informent l’avocate Alaa Busati des crimes commis par les militaires et les paramilitaires contre la population civile. Ce sont aussi elles qui s’attèlent à sauver des vies dans les villes assiégées. Dans toutes les régions du pays, des « salles d’intervention d’urgence », des initiatives communautaires, viennent directement en aide aux civils. « La majorité des aidants sont des femmes, qui essayent de fournir aux gens de la nourriture et des médicaments », détaille Alaa. Elle connaît bien ces salles d’intervention d’urgence, puisqu’elle a contribué à leur création en 2019, en pleine révolution.

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  • Soudan ce qu’il faut savoir sur le conflit

    Publié par Amnesty International le 24.04.2023.

    C’était il y a 20 ans. Le 25 avril 2003, le conflit au Darfour éclatait. Bilan humain : 300 000 morts et près de 2 millions de personnes réfugiées. Après 20 ans d'instabilité et d'insécurité, le pays fait face à une nouvelle flambée de violence. Les auteurs des crimes d’hier, continuent de sévir aujourd’hui.

    Depuis le samedi 15 avril, tous les regards sont tournés vers le Soudan, dans le nord-est de l'Afrique, au sud de l'Égypte. Le pays, l'un des plus pauvres au monde, où la faim touche plus d'un habitant sur trois, est déchiré par la guerre depuis des décennies. Après des semaines de tensions, la lutte de pouvoir entre les deux hommes forts du pays a dégénéré. Elle oppose le chef d’État de facto Abdel Fattah Al-Bourhane, à la tête de l’armée régulière (les Forces armées soudanaises, FAS) et son numéro 2, le général “Hemetti”, chef d’une importante milice paramilitaire (les Forces de soutien Rapide, FSR).  

    Soudan-Darfour-Sud.gifEn 2021, les deux hommes s’étaient alliés pour renverser le régime en place depuis 2019 et qui avait mis fin à 30 ans de dictature d'Omar El Béchir. Mais leur alliance s’est révélée fragile. Les différends entre les deux hommes se sont multipliés et, en pleine négociation dans le cadre de la mise en place du nouveau gouvernement de transition, des tensions ont explosé en raison des désaccords au sujet de la réforme des forces de sécurité. 

    Au matin du samedi 15 avril, de violents combats ont éclaté à Khartoum et dans plusieurs villes du pays. Selon les dernières informations des bombardements, les tirs d'obus et les fusillades se poursuivent sans relâche, en particulier dans la capitale Khartoum. Les Soudanais.es sont pris au piège. Des millions de personnes sont bloquées chez elles et les travailleurs humanitaires sont dans l'incapacité d'acheminer l'aide aux civils. Des rapports font également état de violences sexuelles commises par des soldats des FSR. 

    En quelques jours à peine, selon l’Organisation Mondiale de la Santé , au moins 331 personnes ont été tuées dans tout le pays, dont cinq travailleurs humanitaires, et près de 3 200 ont été blessées. Un bilan qui pourrait se révéler en réalité encore plus alarmant.  Le 24 avril, un cessez-le-feu de trois jours dans tout le pays a été annoncé pour “tenter de mettre fin aux violences. 

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