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Pour la défense, le procès de Bure profite à « l’État nucléaire »

Extraits de l'article de "Reporterre" le 04.06.2021

Lors de la troisième et dernière journée du procès des sept militantes et militants antinucléaires opposés au projet Cigéo, le procureur a requis une peine de prison ferme et d’autres assorties de sursis. Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont insisté sur la disproportion entre le dérisoire des faits reprochés et les moyens titanesques de l’enquête.

À qui profite le procès des antinucléaires de Bure ? C’est la question centrale de ce dossier à laquelle trois jours d’audience à Bar-Le-Duc (Meuse) auront eu du mal à apporter une réponse. Malgré une enquête titanesque révélée par Reporterre et Mediapart, qui a coûté près d’un million d’euros, on peine encore à comprendre pourquoi sept militants et militantes se sont retrouvées sur le banc des prévenus. « Quel dommage de se ruiner pour défendre le fleuron nucléaire plutôt que de poursuivre une criminalité en col blanc qui heurte pourtant beaucoup plus nos valeurs sociales », a remarqué l’avocat Matteo Bonaglia.

(...)

« L’Andra sait désormais beaucoup de choses » 

Ainsi à qui profite ce procès ? Sans doute à la DGSI, qui a récupéré une partie des 450 objets placés sous scellés, avec le nom de centaines de personnes qui gravitent autour de la lutte antinucléaire. « Ils vont pouvoir faire des regroupements, des fichages, identifier des contacts qui pourraient leur servir plus tard », a expliqué Me Alice Becker, l’une des avocates. Ce procès profite sans doute également à l’Andra [1] qui, en tant que partie civile, a pu se plonger dans les milliers de pièces du dossier et récupérer des éléments contre le mouvement antinucléaire, comme l’a soupçonné l’avocat Alexandre Faro. « L’Andra sait désormais beaucoup de choses et peut alimenter sa réflexion et nourrir ses plans de déstabilisation des opposants. Et ce n’est pas anodin, car les débats publics vont commencer sur la déclaration d’utilité publique de Cigéo. »

Enfin, ce procès pourrait profiter à ce que les avocats ont nommé à plusieurs reprises « l’État nucléaire », qui a mobilisé des moyens titanesques contre les opposants au projet Cigéo, comme l’a détaillé Me Matteo Bonaglia. « Outre la montagne de renseignements accumulés, le contrôle judiciaire a brisé des solidarités, a interdit de territoire des gens qui militaient ensemble. Ce qui est fait est fait. Mais que votre juridiction se souvienne à quel point les prévenus ont déjà payé. Et qu’elle n’oublie pas de les relaxer. »

Le jugement sera rendu le 21 septembre, à 9 heures.

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