Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ce que la ZAD a… permis de construire

Le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes étant abandonné, le devenir terrain reste un enjeu majeur, et sa gestion ne peut faire l'impasse sur l'histoire récente. De nombreuses personnes qui ont participé à la lutte de ces dernières années continuent à vouloir construire un avenir alternatif sur cette zone.

Voici un communiqué daté du 15 janvier, qui présente leur projet et les difficultés rencontrées face aux responsables locaux.

Aujourd’hui, sont déposés dix permis de construire, sur les communes de Vigneux-de-Bretagne, Notre-Dame-des-Landes et Granchamps-des-Fontaines, afin de reconstruire sur le bocage certaines fermes et maisons détruites par le projet d’aéroport et d’y intégrer des bâtis liés aux activités qui s’y sont développées. D’autres suivront d’ici la fin du mois. Cependant un certain nombre d’autres bâtiments existants ne correspondent pas aux règles actuelles du nouveau Plan local d’Urbanisme Intercommunal (PLUI), qui ne prend pas encore en compte la particularité de ce qui s’est créé ici.

Le 18 décembre 2019, le PLUI a été adopté par la Communauté de Communes Erdre et Gesvres (CCEG), qui rassemble 12 communes, dont les quatre où se déploie la ZAD. Ce PLUI entérine que la Zone A Défendre (ZAD) n’est plus une future zone aéroportuaire du point de vue du droit de l’urbanisme.

Pris de court par l’abandon du projet d’aéroport quelques mois avant la finalisation de ce document, les élus ont préféré simplement remettre en place le zonage d’avant 2006 restreignant l’usage des parcelles soit à l’agriculture, soit à l’exploitation forestière, tout en faisant disparaître du cadastre un certain nombre de constructions et habitats détruits par le projet d’aéroport,. Ce classement ne reconnaît ni les multiples activités que nous avons développées, ni notre engagement et nos efforts pour prendre soin de ce bocage tout en l’habitant.

C’est ce que nous avons détaillé dans notre contribution au PLUI envoyée aux communes en octobre 2018 [1]. Depuis, nous avons eu de nombreuses réunions avec les services de l’État, du Département et de la Communauté de communes. Il en est ressorti jusqu’à présent que les lieux dédiés à des activités agricoles ne posent pas de problème, mais que les activités artisanales ou l’habitat partagé n’y ont pas de place pour le moment Ces réalités sont pourtant bien ancrées sur la zad et des statuts légaux existent pour les inclure dans le PLUI, ce que nous proposons régulièrement.

Pour le moment sans écho, si ce n’est un renvoi à des discussions après les élections municipales, sans garantie aucune d’être mieux écoutés.

La lutte victorieuse contre le projet d’aéroport a permis de construire un espace où l’habitat est partagé, où les lieux personnels légers ou mobiles s’articulent autour d’un lieu collectif en dur. Les lieux d’activités variées -agricoles, sociales, culturelles et artisanales- sont eux-même mêlés aux habitats, dans un ensemble cohérent et collectif. Le tout forme un archipel où chaque îlot est lié à une multitude d’autres par de petites routes, de grands chemins, et des liens de solidarité. Cette manière d’habiter contribue fortement à défendre un bocage exceptionnel à tous points de vue. Parce qu’elle nous a permis de s’opposer aux travaux dans le passé, et parce qu’elle limite l’impact écologique dans le présent et le futur et matérialise une certaine idée du bien commun et de la mise en partage. C’est un modèle que nous défendons, il est une de nos manières de répondre à la triple crise climatique, sociale et environnementale.

C’est pourquoi nous continuerons à défendre la reconnaissance de ce que nous avons construit. Non pas pour obtenir une exception , mais parce qu’il est urgent d’ancrer concrètement dans le plus de lieux possibles une résistance sociale et environnementale au gâchis capitaliste en cours. Alors que le territoire de la CCEG est lauréat depuis 2019 d’un ambitieux Contrat de Transition Écologique pour notamment “construire un projet cohérent sur l’ex-zone aéroportuaire”2, que la commune de Notre-Dame-des-Landes a adhéré l’an dernier au réseau BRUDED des maires pour le développement durable, les élus municipaux doivent accorder leurs actes à leurs paroles. Même le Prefet de Loire-Atlantique reconnaît opportunément le 12 janvier dans Ouest-France, la nécessité que des utopies qui deviennent des réalités. De notre côté cette “alternative” soudainement si précieuse aux institutions s’organise ici depuis 12 ans, et nous entendons bien l’enraciner, que ces dernières l’entravent ou l’approuvent.

L’Assemblée des usages de la ZAD,

NDDL Poursuivre ensemble

Les Naturalistes en lutte

[1]Disponible sur zad.nadir.org/spip.php ?article6156

[2] Voir p.26 du dossier de presse du Ministère de la transition écologique et solidaire : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/2019.07.09_fdr_ew_dp_contratsdetransitionecologiqueVF.pdf

0602163146512-web-tete.jpg

Les commentaires sont fermés.