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Climat: deux millions de signataires appuient un recours contre l’État

Les bonnes nouvelles sont plutôt rares côté climat, et les prévisions sont si alarmistes qu’on pourrait légitimement se dire : "il est trop tard, il n’y a plus rien à faire". Quatre ONG (dont Greenpeace) ont décidé de résister, de demander des comptes à l’État français pour sa négligence en matière climatique et l’obliger à prendre enfin des mesures. Et vous êtes deux millions à nous soutenir !

Une mobilisation historique

Le 18 décembre dernier, Greenpeace France, la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), Notre Affaire à Tous et Oxfam France lançaient l’Affaire du siècle, une initiative inédite : assigner l’État français en justice pour inaction face aux changements climatiques et non-respect de ses obligations internationales, européennes et françaises.

L’appel mis en ligne et invitant les citoyennes et citoyens à nous rejoindre a généré une mobilisation inédite : entre le 18 et le 20 décembre, 1,6 million de visiteurs uniques se sont rendus sur le site ! En moins de 48 heures, la vidéo de lancement a été vue huit millions de fois sur Facebook, et plus de 500 000 fois sur Youtube.

 

Aujourd’hui, jeudi 10 janvier, notre pétition vient de dépasser la barre des deux millions de signatures !

Cette mobilisation nous donne du baume au cœur et nous encourage à aller jusqu’au bout pour tirer cette Affaire au clair !

Nous venons d’apprendre que 2018 a été l’année la plus chaude jamais enregistré en France, et le Groupe d’experts intergouvernemental pour le climat (GIEC) a publié il y a quelques mois un nouveau rapport pour alerter les États quant aux conséquences de leur inaction climatique. Son message est clair : pour rester sous la barre des 1,5 °C de réchauffement, il faut diminuer de 45 % nos émissions d’ici à 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2045.

En attendant, le gouvernement français continue sa politique de l’autruche. Il n’y a en effet pas de quoi faire le coq : alors que nous devons diminuer nos émissions, elles sont reparties à la hausse (+ 3,2 % en 2017), et les objectifs en matière d’énergies renouvelables sont loin d’être atteints (23 % à l’horizon 2020, or nous en sommes aujourd’hui à seulement 16 %). Où sont passées les belles promesses de l’Accord de Paris ?

Il faut changer d’approche dans les politiques publiques, pour transformer les secteurs fortement émetteurs :

Mobilité : investir massivement dans les transports en commun et les mobilités douces pour réduire drastiquement l’usage de la voiture individuelle, principalement en milieu urbain, et faire en sorte que les véhicules neufs cessent d’émettre des gaz à effet de serre en 2028, au plus tard.

Agriculture : en finir avec le modèle industriel, porté à bout de bras par les subventions publiques et diviser  par deux de la consommation de viande et produits laitiers avant 2050.

Logement : investir massivement dans la rénovation énergétique des bâtiments mal isolés.

Et bien évidemment, mettre fin à tous les grands projets industriels nocifs pour le climat : bioraffinerie de Total à la Mède, contournement autoroutier de CGO à Strasbourg, forages pétroliers et mine d’or géante en Guyane, parc de loisirs ou centres commerciaux géants comme Europa City à Gonesse…

Plus généralement, il faut que l’État change de modèle pour mettre l’enjeu climatique au cœur de ses politiques publiques, de son système fiscal, de ses accords commerciaux internationaux et de sa diplomatie. Comme préconisé par le GIEC, il faut une réelle transformation politique et sociale. Cela signifie : (beaucoup) plus de démocratie et (beaucoup) plus d’égalité sociale, face aux industriels et leurs lobbies, qui détruisent le clim

Toujours la même hypocrisie. Rappelons-leur qu’aux Pays-Bas, le gouvernement a été sommé par la justice d’intensifier la lutte contre les changements climatiques.

Quant au chef de l’État, Emmanuel Macron, silence radio. Même chose du côté de son Premier ministre, Édouard Philippe.

Nous attendons maintenant une réponse à la hauteur du couple exécutif. Conformément aux dispositions juridiques, l’État a deux mois pour réagir à compter du recours déposé le 18 décembre. À défaut d’un changement de cap radical, la procédure suivra son cours.

Nous ne lâcherons pas l’Affaire !

Si ce n’est pas déjà fait, soutenez notre recours en justice et partagez cette initiative autour de vous.

À très bientôt pour les suites de l’Affaire…

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