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Haute mer : le traité de la dernière chance

C’est une opportunité historique qui se présente à nous : les négociations onusiennes sur le Traité mondial sur la haute mer vont enfin s’ouvrir. Greenpeace s’est battue pendant des années pour qu’un tel traité soit adopté. Les enjeux sont immenses. Les scientifiques parlent de “la dernière chance pour les océans”. Et c’est exactement de cela dont il s’agit.

Pourquoi l’adoption de ce traité est-elle si importante ?

C’est incroyable mais vrai : à l’heure actuelle, l’espace océanique se situant au-delà des frontières nationales (aussi appelé la haute mer) ne fait l’objet d’aucune protection. C’est le far west. Il existe différents textes et organisations portant sur la haute mer, mais ils régulent principalement son exploitation et n’ont pas pour objet de la protéger.

Aujourd’hui, nous avons une chance de changer cela : un traité mondial pourrait rendre possible la création d’un vaste réseau d’aires marines protégées, couvrant au moins 30% des océans d’ici à 2030.

Les océans sont un immense réservoir de nourriture pour les animaux marins et les êtres humains. Sans eux, nous ne pourrions pas survivre sur cette planète. Ce ne sont pas seulement d’immenses réserves d’eau salée. C’est tout un monde grouillant de vie qui s’étend à perte de vue, l’habitat d’une biodiversité exceptionnelle, dont des tortues, des baleines, des requins, des dauphins, et tellement plus. Au plus profond, sur le plancher océanique, des récifs coralliens et des jardins d’éponges foisonnent dans l’obscurité, offrant ainsi un refuge pour les poissons d’eaux profondes et de nombreuses autres créatures. Nous commençons à peine à explorer ce monde mystérieux, mais une chose est d’ores et déjà claire : si nous ne le protégeons pas dès maintenant, nous le perdrons avant même d’avoir vraiment fait sa connaissance

Les écosystèmes marins de la haute mer sont-ils en danger ?

La pêche industrielle, la pollution plastique, les forages en eaux profondes… Plus que jamais, toutes ces activités humaines sont des menaces pour les océans. Les flottes de pêche les plus modernes parviennent à atteindre les zones les plus reculées et les plus profondes. Des millions de tonnes de poissons sont capturées dans les filets des bateaux de pêche chaque année, et avec eux, des milliers de tortues, requins et dauphins, dommages collatéraux d’une activité pratiquée de manière industrielle (c’est le cas de la pêche au thon par exemple). Dans le même temps, environ huit millions de tonnes de déchets plastiques viennent polluer nos océans chaque année, les transformant en des décharges à ciel ouvert, et les conséquences du changement climatique (comme l’acidification des océans et le réchauffement climatique) font de la protection des océans une urgence de premier ordre.

Les écosystèmes marins fatiguent et auraient bien besoin d’un peu de répit. La solution la plus efficace pour leur en donner est de créer un réseaux d’aires marines protégées, où toutes les activités extractives et destructrices seraient interdites. Ils pourraient alors se régénérer et prospérer sereinement. La communauté scientifique appelle à la protection d’au moins 30% des océans d’ici à 2030, au sein et en dehors des eaux territoriales. Jusqu’ici, nous atteignons tout juste les 1%. La marge de progression est immense. Cela pourrait commencer, nous l’espérons, avec la création de la plus grande réserve marine du monde en Antarctique.

Les deux prochaines années sont cruciales : les gouvernements prendront-ils conscience des responsabilités qui leur incombent, en plaçant la protection des océans au-dessus des intérêts économiques ? Dans quelques jours, ce sera le moment de fixer le cap, mais surtout, de s’y tenir. Les négociations auront lieu jusqu’en 2020 et la bataille ne fait que commencer.

Pour être efficace, le Traité mondial sur la haute mer devra donner la possibilité aux Etats parties de créer des sanctuaires marins, incluant des mesures de protection drastiques. Une délégation de Greenpeace sera donc présente à New-York au siège des Nations unies à partir du 4 septembre pour faire de la protection des océans une priorité.

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