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Guerre en Ukraine : est-ce vraiment le moment de relancer le nucléaire ?

Publié le 11 mars 2022 par FNE

Le 11 mars 2011, la catastrophe nucléaire de Fukushima alertait le monde sur la grande vulnérabilité des installations nucléaires face aux risques naturels, même dans des pays développés et cultivant une culture de la prévention du risque extrêmement forte, comme le Japon. Les événements actuels en Ukraine démontrent à leur tour la très grande vulnérabilité des installations nucléaires aux risques géopolitiques. Entre crise climatique et crises géopolitiques, le contexte permet-il vraiment d’envisager une relance du nucléaire ou de considérer encore le nucléaire comme une énergie d’avenir ?

Vulnérabilité du nucléaire au risque géopolitique

La guerre en Ukraine est un terrible révélateur de nos vulnérabilités, notamment sur le plan énergétique, avec une dépendance immense de l’Europe aux hydrocarbures russes et un risque nucléaire – qu’il soit civil ou militaire – à un niveau rarement atteint.

La situation des installations nucléaires ukrainiennes est inquiétante : les équipes en charge de la surveillance sont désorganisées, les réacteurs sont à l’arrêt sans système de refroidissement, les sites nucléarisés deviennent des cibles potentielles, la centrale de Zaporojie et le centre de recherche de Kharkiv sont bombardés. De plus l’Agence internationale de l’énergie atomique se dit très préoccupée après avoir perdu le contact avec les équipes du site de Tchernobyl qui n’est plus relié au réseau électrique.

Dans ce contexte, alors que l’Allemagne annonce renoncer à la prolongation de ses centrales, Greenpeace souligne le maintien de liens étroits entre les industries nucléaires françaises et russes, et de nombreuses voix s’élèvent malheureusement encore pour appeler à une relance du nucléaire en France et en Europe.

Des risques accrus

Faute d’avoir entendu les signaux d’alerte lancés depuis 50 ans et d’avoir pris les mesures nécessaires, la crise environnementale en général et la crise climatique en particulier entraînent une insécurité croissante.

Alors que le nucléaire est constamment imposé, comme le rappelle la commission nationale du débat public, il fait peser un risque systémique supplémentaire pour les décennies à venir dans ce monde de plus en plus instable. Un risque que des sociétés déjà affaiblies par la succession de crises – sanitaires, climatiques, géopolitiques – auront de plus en plus de difficultés à prévenir et à gérer. La France est en première ligne au vu du grand nombre d’installations nucléaires sur son territoire.

Pour une transition claire sans nucléaire

La réduction de la dépendance de l’Europe aux hydrocarbures en général et en particulier à celles des Russes est absolument indispensable. Elle doit se faire rapidement sans créer ou amplifier une nouvelle menace, sans tomber de Charybde climatique en Scylla nucléaire.

En ce 11e anniversaire de la catastrophe de Fukushima et alors que l’inquiétude est extrêmement vive concernant la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes, de Tchernobyl à Zaporojie, le mouvement France Nature Environnement rappelle sa position très claire et ses demandes :

  • La fin du nucléaire en France et en Europe ;
  • L’organisation d’un grand débat national sur l’avenir énergétique de la France par le ou la futur·e Président·e de la République ;
  • L’abandon du projet de poubelle nucléaire CIGEO à Bure comme demandé par de nombreuses organisations, les collectifs locaux et certains élus locaux.

Pour Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement : « Nos pensées vont bien entendu d’abord et avant tout aux victimes de cette guerre, et nous appelons à l’arrêt des combats et au retour de la paix le plus rapidement possible. Cette terrible crise est aussi un révélateur de notre dangereuse dépendance aux énergies fossiles et fissiles et aux menaces que ces énergies font peser. Il faut en tirer les conclusions et bâtir ensemble la stratégie énergétique sûre et résiliente qui nous permettra de continuer à croire en un monde vivable : réduire les consommations pour réduire nos dépendances et les risques mais aussi déployer les énergies renouvelables, uniques garantes de notre souveraineté énergétique. »

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