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Hong Kong: la Chine veut mettre fin aux libertés

Publié le 02.07.2020 par Amnesty International

Passée en force, la nouvelle loi sur la sécurité nationale est la pire menace pour les droits humains dans l’histoire récente de Hong Kong.

C’est un coup dur pour la liberté d’expression, malgré la mobilisation des habitants de Hong Kong depuis des années pour défendre leurs libertés. Dans la plus grande opacité, Pékin a fait adopter le 30 juin 2020 un outil de répression qui servira contre les détracteurs du gouvernement, notamment ceux qui expriment simplement leurs opinions ou manifestent pacifiquement. La loi sur la sécurité nationale entend mettre fin aux libertés dont les habitants de Hong Kong jouissent de longue date. Des manifestations ont éclaté dès le 1er juillet, jour de sa promulgation. À cette occasion, des dizaines de manifestants ont été arrêtés, dont sept sur la base de cette nouvelle loi, selon les déclarations de la police. Un homme a été interpellé après avoir été trouvé en possession d'un drapeau pour l'indépendance de Hong Kong.

Sous couvert de « sécurité nationale », la fin de la liberté d’expression

D’abord, cette loi est dangereuse car elle est floue. En interdisant toute activité « compromettant la sécurité nationale », et en définissant des crimes de manière large et générale, elle pourrait permettre en pratique de museler toute dissidence. Les crimes de « séparatisme », de « subversion », de « terrorisme » et de « collusion avec des forces extérieures ou étrangères », très flous, prévoient des peines pouvant aller jusqu’à la prison à perpétuité. Concrètement, il est pratiquement impossible de savoir quand et comment on risque d'enfreindre la loi. 

Les dirigeants hongkongais et chinois assurent qu’il est urgent de promulguer des lois sécuritaires afin de contrer la menace du « terrorisme » et la violence dans la ville. Pourtant, les manifestants qui sont descendus dans la rue au cours de l’année écoulée sont très majoritairement pacifiques. En outre, alors que les élections législatives prévues en septembre à Hong Kong, cette loi pourrait être utilisée contre les candidats pro-démocratie.

Un bureau de la sécurité national à Hong Kong

Cette nouvelle loi permet aussi de tenir des procès en secret et de trier les juges sur le volet. En plus d’affaiblir le système judiciaire, elle donne aux organes de sécurité toute la liberté d'agir dans la ville. A titre d’exemple, le gouvernement central chinois va créer un Bureau de la sauvegarde de la sécurité nationale à Hong Kong, qui disposera de son propre personnel chargé de l'application des lois et pourra exercer sa compétence sur certaines affaires. En Chine continentale, ces bureaux surveillent systématiquement, harcèlent, intimident et détiennent en secret des défenseur·e·s des droits humains et des dissident·e·s, et les éléments abondent qui font état de torture et d’autres mauvais traitements.

Face à cette menace considérable qui pèse sur les libertés à Hong Kong, les droits humains sont plus importants que jamais. Les garanties inscrites dans le droit hongkongais peuvent servir de contrepoids aux pouvoirs très étendus instaurés par la loi sur la sécurité nationale. Pékin doit réaffirmer les droits du peuple hongkongais, en prenant le droit international pour guide. En vertu des normes de l'ONU, les droits humains doivent impérativement être au cœur de toute loi relative à la sécurité nationale. Les autorités chinoises comme celles de Hong Kong n'échappent pas à l'obligation de respecter ce principe.

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