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Energie et budget carbone : le gouvernement toujours en panne de mesures pour le climat

Alors que le Haut Conseil pour le Climat recommandait hier de relancer rapidement certains secteurs comme la rénovation des bâtiments et les infrastructures de transport alternatif et ferroviaire, le Gouvernement n’en tient pas compte et publie aujourd’hui une feuille de route inchangée pour le climat et la transition énergétique – la Stratégie nationale bas carbone et la Programmation pluriannuelle de l’énergie. Avec le Réseau Action Climat, France Nature Environnement rappelle que le contexte sanitaire actuel ne doit pas freiner la transition énergétique, mais au contraire l’accélérer en misant davantage sur les mesures les plus résilientes face aux crises.

La crise sanitaire nous appelle pourtant à construire des sociétés plus résilientes aux chocs, en particulier face aux crises écologique et climatique, et à réduire notre dépendance aux importations, en premier lieu d’énergie, le premier poste déficitaire de notre balance commerciale. Malgré cela, le Gouvernement s’est refusé à intégrer les mesures complémentaires nécessaires à l’atteinte des objectifs climatiques – pourtant insuffisants – et de baisse de la consommation d’énergie de la France. Il acte ainsi l’écart entre les discours et les actes et se prive de leviers clés pour une reprise économique compatible avec l’Accord de Paris.

Si le Gouvernement souhaite continuer la politique de l’autruche et soutenir un modèle économique responsable des crises que nous vivons, nous appelons tous les acteurs mobilisés pour le climat et la transition énergétique à s’exprimer de manière plus forte dans les semaines à venir afin que la sortie de la crise sanitaire s’accompagne de mesures pour nous prémunir d’une crise climatique et écologique qui pourrait être bien pire.

Pour Anne Bringault, Responsable Transition énergétique au Réseau Action Climat :

“Le Gouvernement ne retient pas les leçons de la crise sanitaire. Au lieu d’engager la France vers une plus grande résilience face à la crise climatique qui s’aggrave, il publie une feuille de route sans les mesures suffisantes pour atteindre les objectifs fixés, alors même qu’ils sont déjà insuffisants. Il ne se donne pas les moyens de préparer une reprise de l’économie cohérente avec l’Accord de Paris.”

Pour Cécile Marchand, chargée de campagne climat et acteurs publics aux Amis de la Terre :

“Tout en prônant qu’il veut bâtir un après coronavirus reposant sur le temps long, la sobriété, la prévention et la résilience, le gouvernement publie une feuille de route pour le climat et la transition énergétique reposant sur des objectifs insuffisants et qui ne comprend même pas les mesures nécessaires pour les atteindre. Comme d’habitude avec Emmanuel Macron et le gouvernement, il y a les paroles et les actes.”

Pour Jean-Baptiste Lebrun, directeur du CLER Réseau pour la Transition énergétique :

“La Stratégie Bas-Carbone et la Programmation énergétique publiées aujourd’hui sont malheureusement des coquilles vides : vides des mesures suffisantes pour atteindre les objectifs indispensables et vides de sens faute de répondre aux enjeux climatiques, sanitaires, sociaux, économiques et démocratiques de notre époque. En refusant d’engager réellement une politique massive d’économies d’énergie, le gouvernement choisit de prolonger un modèle qui révèle pourtant une nouvelle fois toutes ses fragilités et ses incohérences actuellement. Même si l’Etat continue de les ignorer, les alternatives pour construire la transition vers un monde plus juste et plus résilient existent et continueront de se développer dans la société, les territoires et à être portées par les citoyens.”

Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne politiques climatiques à Greenpeace France :

“Alors que le monde connaît une crise sanitaire sans précédent, Emmanuel Macron et le gouvernement ne changent pas : ils parlent beaucoup mais n’agissent pas. Avec cette nouvelle feuille de route pour le climat et la transition énergétique, la France choisit de relâcher l’effort sur ses objectifs initiaux de réduction d’émission de gaz à effet de serre, et n’est dans les clous ni sur les économies d’énergies, ni sur le développement des énergies renouvelables, qui doivent impérativement être au cœur du plan de relance du gouvernement si nous voulons éviter des crises futures. Pire, en l’absence de dispositif de substitution au gel de la taxe carbone, une grande partie des baisses d’émissions prévues ne sont couvertes par aucune politique publique et relève donc de l’incantation, comme le souligne le gouvernement lui-même en préambule. »

Pour Charlotte Mijeon, chargée des relations extérieures du Réseau “Sortir du nucléaire” :

« En ce qui concerne l’électricité, le gouvernement a encore laissé EDF dicter la politique énergétique, partant du principe que quasiment tous les réacteurs nucléaires français fonctionneront jusqu’à 50 ans ! Ce postulat dangereux ignore les risques supplémentaires liés au vieillissement des installations. Il passe outre l’existence de l’Autorité de sûreté nucléaire, seule habilitée à donner son feu vert à une prolongation des réacteurs, et l’avis contraire de la majorité de la population. Et alors que nous nous dirigeons vers une récession majeure, prévoir d’engloutir des milliards dans la construction de nouveaux réacteurs est une décision hors sol et incohérente avec la lutte contre le changement climatique. Il est temps d’abandonner les illusions d’EDF : le nucléaire ne sauvera pas le climat !”

Pour Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement :

“Le contexte sanitaire actuel ne doit pas freiner la transition énergétique, mais au contraire l’accélérer en misant davantage sur les mesures les plus résilientes face aux crises. Ainsi, la Programmation Pluriannuelle de l'Energie (PPE) doit être davantage renforcée, notamment sur la réduction des consommations d’énergie dans le logement via des rénovations globales performantes, première base de la résilience des ménages. En même temps, le gouvernement doit renoncer aux énergies les plus chères et les moins adaptées à la crise climatique tel que le nucléaire. La construction de nouveaux EPR serait irresponsable. Il est aussi urgent de diversifier et de relocaliser le mix énergétique des transports, fortement dépendant d’énergies fossiles importées, en ne misant pas tout sur la mobilité électrique.En ce qui concerne le volet forêt, nous déplorons que la stratégie nationale bas carbone (SNBC), en diminuant le puit de carbone forestier d’ici 2050, ne respecte pas l’Accord de Paris. Où est passée la France du #MakeOurPlanetGreatAgain ?”

Pour Paulo-Serge Lopes, Président de Virage Énergie :

“La feuille de route est dépourvue de moyens nécessaires pour atteindre les objectifs indispensables tant de diversification du mix énergétique que de lutte contre les dérèglements climatiques. En témoignent, les politiques publiques des acteurs locaux, en première ligne dans l’aménagement du territoire et dans la vie quotidienne de la population, qui ne sont pas favorisées. Au-delà des discours convenus d’autosatisfaction, continuer dans les faits d’entretenir un modèle de développement à bout de souffle au profit des énergies fossiles et du nucléaire est un non-sens. Cette décision hors sol perpétue des choix politiques qui ont conduit, depuis des décennies, aux vulnérabilités qui affectent avec acuité notre pays (empreinte carbone, dépendance aux importations d’énergies carbonées, inégalités sociales, etc.). A contrario, la sobriété doit être au cœur des politiques publiques aux côtés de l’efficacité énergétique et du développement des énergies renouvelables en lien avec les territoires, ferments d’innovation. A l’heure de la sortie de crise sanitaire, le combat pour un monde plus juste et résilient n’en apparaît que plus nécessaire.”

Pour Manon Castagné, chargée de plaidoyer souveraineté et climat au CCFD-Terre Solidaire :

“L’agriculture est le 3e poste d’émissions de GES de la France. Pourtant le projet de décarbonation de la France ne liste qu’un ensemble de vœux pieux sans clarifier les moyens d’action que le gouvernement compte mettre en œuvre. Pire, les rares leviers identifiés mettent l’accent sur la compensation carbone ou la mise en place de technologies dites « d’émissions négative » dont le document souligne pourtant les incertitudes. L’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris ne se fera pas sans changements structurels des pratiques agricoles, mais la France renie les solutions « sans regret » (agroécologie, agroforesterie) qui sont à sa disposition.”

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