
Sauve qui peut

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La dette, qui n'en finit pas de faire parler d'elle, voyage beaucoup.
Elle est née en grande partie dans l'immobilier américain, de l'incapacité de beaucoup d'emprunteurs à rembourser des prêts très généreux
des banques. Celles-ci mises en grande difficulté, ont été sauvées par les états qui ont couverts les dettes. Maintenant c'est le déficit colossal des états qui pose problème, les marchés (lire les spéculateurs) se demandant si certains pays seront capables de rembourser ce qu'ils doivent.
Telle une patate chaude, le problème a été déplacé sans jamais être résolu. On peut craindre qu'en dernier lieu ce soit les citoyens de base qui payent, la casse, par le moyen d'une politique de rigueur( pardon pour le gros mot, il parait qu'il ne faut pas le prononcer).
Pour bien comprendre le mécanisme, voir l'analyse de Frédéric Lordon dans Le Monde Diplomatique.
Benoît Huré joue aussi à la patate chaude : il a un gros trou dans le budget de son département. Pour le boucher, il a une bonne idée: creuser un trou dans le budget de l'état. Il commente ainsi sa rencontre avec le ministre du budget, sur le site du conseil général:
Dans l’immédiat, plusieurs départements devraient bénéficier d’un abondement exceptionnel dans l’attente de la mise en place de nouvelles pistes de financement.
Une concertation avec le Premier Ministre sera entamée au cours du moi de mai.
La situation particulière du département des Ardennes, qui en plus des difficultés liées à la croissance des dépenses de solidarité, est soumis à un certain nombre de dépenses d’investissement incontournables aux côtés de l’Etat (financement de l’autoroute A304, de la ligne ferroviaire à grande vitesse, maîtrise des crues de la Meuse, etc…) a été soulignée par le Ministre.
Benoit Huré se félicite de cet entretien constructif qui démontre qu’au-delà des polémiques politiciennes, une vraie négociation dans un climat de confiance rétabli est bien plus efficace que l’agitation médiatique.
Bien plus efficace? En quoi refiler le bébé à quelqu'un d'autre constitue-t-il une solution à un problème ? La France est endettée au-delà du
raisonnable.
L'autoroute A304 est-elle un "investissement incontournable" ? N'existe-t-il pas d'autres dépenses discutables? Ne pourrait-on trouver des recettes innovantes ?
Il est plus simple pour B Huré de se tourner vers ses amis politiques, en se défaussant des ses propres responsabilités.
Le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, qui va être présenté au Festival de Cannes a fait l’objet de pressions politiques de la part de plusieurs élus de la majorité, relayées par un secrétaire d’État, pour que ce film soit censuré ou privé de ses subsides.
Sur la seule lecture du scénario d’Olivier Lorelle, des pressions ont été exercées sur les chaînes de France Télévisions qui le coproduisent et sur
les responsables du Festival qui l’ont sélectionné.
La projection de ce film en sélection officielle au Festival de Cannes s’annonce sous des auspices inquiétants : des manifestations hostiles sont prévues, et une cérémonie en mémoire de « toutes les victimes de la guerre d’Algérie » doit être organisée à Cannes le 21 mai, jour de la projection du film. Le sous-préfet Claude Serra déclare qu’il sera présent pour cette cérémonie, devant le monument aux morts. Par ailleurs, un collectif proche de l’extrême droite appelle sur un site Internet à manifester à Cannes pour « pourrir » le Festival, en protestation contre la sélection de ce film.
L’Observatoire de la liberté de création s’étonne de ces déclarations émanant de personnes qui n’ont pas vu le film, et proteste contre ces pressions de responsables politiques qui cherchent à faire obstacle à la liberté du réalisateur de donner sa version de la guerre d’Algérie, et veulent empêcher le public d’avoir accès à ce film de fiction. Il n’appartient pas à l’Etat et à ses services de décréter ce que serait une « véritable » histoire. Lorsque le film sera diffusé, le débat critique pourra alors avoir lieu sereinement.
Paris, le 10 mai 2010.