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« Au nom de tous les Ukrainiens, nous exigeons l’annulation de la dette »

Publié le 14 mars par Basta !

Des organisations ukrainiennes et des pays voisins dénoncent « la pression néolibérale » qui entrave « la lutte du peuple ukrainien contre l’agression » russe. Et demande l’annulation de la dette, ce qui n’est pas encore envisagée par le FMI.

L’offensive militaire russe entre dans sa troisième semaine. Confronté à l’invasion de son territoire, aux destructions de nombreuses infrastructures, devant organiser la résistance et protéger sa population tant bien que mal, l’État ukrainien « ne peut plus se permettre de rembourser sa dette, car l’économie ukrainienne est déstabilisée par la campagne militaire, l’augmentation des dépenses militaires et la nécessité de faire face aux conséquences de la guerre », met en avant un groupe de citoyens ukrainiens dans une pétition lancée dès le 28 février. Le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) a relayé cette pétition quelques jours plus tard.

« La guerre d’invasion que subit l’Ukraine est une autre raison impérieuse pour justifier l’annulation de la dette. Le peuple ukrainien doit être soutenu dans sa lutte contre l’agression », ajoute le CADTM. « Les emprunts étaient émis sous conditions de réduction des dépenses sociales, et leur remboursement contraint à économiser sur les besoins vitaux et à appliquer l’austérité aux secteurs vitaux de l’économie », rappelle l’organisation de lutte contre les dettes illégitimes. C’est notamment pour ces raisons que la dette réclamée à l’Ukraine est illégitime. »

« L’Ukraine doit être libérée de la pression néolibérale destructrice »

« Actuellement, la dette extérieure de l’Ukraine s’élève à 125 milliards de dollars. Les dépenses liées au service de la dette pour 2022 devraient s’élever à environ 6,2 milliards de dollars. Cela représente environ 12 % de l’ensemble des dépenses budgétaires de l’État », indique le texte. « Au nom de tous les Ukrainiens, nous exigeons l’annulation de la dette - qui étouffe maintenant notre État - et que l’on nous fournisse une aide financière multiforme », demande la pétition. Car « l’Ukraine reste l’un des pays les plus pauvres d’Europe qui, aujourd’hui, est également contraint de se défendre contre l’agression et l’offensive militaire de l’armée russe - la deuxième plus grande armée du monde. Les dépenses budgétaires consacrées aux armes et aux besoins médicaux des blessés ont augmenté de manière exponentielle (…). Dans ces conditions, le service de la dette n’est possible que si l’Ukraine refuse à ses citoyens la satisfaction de leurs besoins les plus urgents. » Une annulation de la dette « aiderait le peuple ukrainien qui, suite à l’invasion militaire, a besoin de fonds pour protéger ses civils, fournir des logements aux personnes déplacées et des médicaments aux blessés », poursuit le texte.

Le 8 mars, des mouvements politiques de gauche de l’est de l’Europe (de Pologne, République tchèque, Lituanie, Roumanie, Ukraine et Finlande ) ont à leur tour soutenu cette revendication d’une annulation de la dette extérieure ukrainienne.

« L’Ukraine doit être libérée du poids de la dette extérieure et de la pression néolibérale destructrice », expriment-ils dans une déclaration de soutien à l’Ukraine. « Les prêts internationaux, y compris ceux du Fonds monétaire international, ont été accordés à la condition que les dépenses sociales soient réduites, et leur remboursement a contraint la population à économiser sur les besoins de base et à appliquer l’austérité dans les secteurs fondamentaux de l’économie. » Ces mouvements est-européens demandent à la Banque centrale européenne de prendre en charge le coût du service de la dette extérieure de l’Ukraine. Ce n’est pas le chemin pris pour l’instant. Le 9 mars, le Fonds monétaire international a approuvé un crédit d’urgence à l’Ukraine, d’un montant de 1,4 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros). Mais cet argent aussi, l’Ukraine devra le rembourser, sauf si sa dette est annulée.

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