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Défi : produire des batteries éthiques

L’exploitation des batteries des voitures électriques est liée à de nombreuses atteintes aux droits humains. Aujourd’hui, nous lançons un défi aux industriels de produire une batterie éthique dans les cinq ans à venir. Explications.

Les batteries lithium-ion, avec lesquelles fonctionnent les voitures électriques et les matériels électroniques, sont liées à des atteintes aux droits humains, notamment au travail des enfants en République démocratique du Congo (RDC), et à des risques environnementaux qui pourraient saper leur potentiel écologique.

Trouver des solutions efficaces à la crise climatique est un impératif absolu et les voitures électriques sont une part importante de cette réponse. Cependant, sans changements radicaux, les batteries qui alimentent ces véhicules verts continueront d’être ternies par des atteintes aux droits humains.

Lire aussi : Les voitures électriques roulent encore sur les droits humains

Violations des droits humains et extraction des minerais

Si les véhicules électriques sont la clé pour que l’industrie automobile puisse s’écarter des énergies fossiles, elles ne sont pas encore aussi éthiques que certains fabricants aimeraient nous le faire croire.

Des années de pratiques industrielles non réglementées ont des répercussions néfastes sur les droits fondamentaux et l’environnement – force est de constater que l’action des gouvernements et de l’industrie est insuffisante.

Malgré les projections selon lesquelles la demande de cobalt atteindra 200 000 tonnes par an d’ici 2020, aucun pays n’exige légalement des entreprises qu’elles rendent compte publiquement de leur chaîne d’approvisionnement en cobalt.

Plus de la moitié des ressources mondiales en cobalt provenant du sud de la RDC, la probabilité que les batteries qui font rouler les voitures électriques soient liées au travail des enfants et à d’autres violations des droits humains est plus qu’élevée.

Depuis 2016, on note des progrès. En réponse à nos recherches, plusieurs grandes entreprises, dont Apple, BMW, Daimler, Renault et le fabricant de batteries Samsung SDI, ont publié des données sur leurs chaînes d’approvisionnement et les autres entreprises doivent suivre leur exemple.

Par ailleurs, des violations des droits des peuples indigènes vivant près des mines de lithium en Argentine ont été recensées. Les communautés indigènes ne sont pas dûment consultées au sujet des projets miniers sur leurs terres, ni suffisamment informées quant aux impacts potentiels des opérations d’extraction sur leurs ressources en eau.

Sans protections relatives aux droits humains, les communautés indigènes risquent de subir des préjudices croissants, alors que la demande en lithium explose.

D’autres menaces se profilent

L’impact environnemental de la production des batteries est préoccupant. La plus grande partie de la fabrication de batteries lithium-ion est concentrée en Chine, en Corée du Sud et au Japon, où la production d’électricité dépend encore du charbon et d’autres sources d’énergies polluantes.

Ainsi, si les véhicules électriques sont indispensables pour se libérer des énergies fossiles et diminuer les émissions de gaz à effet de serre, il faut faire davantage pour réduire l’empreinte carbone lors de la phase de fabrication.

Parallèlement, la demande croissante en minerais comme le cobalt, le manganèse et le lithium, accroît l’intérêt pour l’extraction minière en eaux profondes qui, d’après des études, aura des conséquences graves et irréversibles sur la biodiversité.

Par ailleurs, il est essentiel que les entreprises veillent à ce que les batteries soient éliminées de manière responsable. Des éléments probants indiquent déjà que des composants électroniques usagés de batteries, qui contiennent divers matériaux dangereux, ont été mis au rebut de manière irresponsable, contaminant les sols, l’eau et l’air.

Une vision alternative

Notre proposition pour la production de batterie consiste en trois phases :

Extraction : cartographier les chaînes d’approvisionnement des minerais clés, promouvoir des mesures visant à identifier, prévenir et remédier aux impacts en termes de droits humains, et demander l’interdiction de l’extraction minière en eaux profondes à des fins commerciales ;

Fabrication : demander que les bilans carbone soient dûment dévoilés, limités et compensés, et que les droits du travail et sur le lieu de travail, notamment à la santé, à l’égalité et à la non-discrimination, soient protégés par la loi et respectés ;

Réutilisation et récupération : demander que les produits soient conçus et réglementés afin d’optimiser leur potentiel de réutilisation et de pénaliser les déchets, et prévenir l’exportation et le dépôt illégal ou dangereux des batteries.

Le défi lancé aux entreprises

À titre de première mesure, les entreprises doivent dévoiler publiquement toutes les informations relatives aux mesures prises pour prévenir, identifier et faire face aux atteintes aux droits humains et aux risques environnementaux tout au long du cycle de vie des batteries lithium-ion.

Tandis qu’une crise climatique se profile, les consommateurs ont le droit d’exiger que les produits commercialisés comme étant un choix éthique " tiennent la route ".

Les entreprises qui font fi des préoccupations en matière de droits humains alors qu’elles se tournent vers des sources d’énergie renouvelable offrent à leurs clients un faux choix : les humains ou la planète.

Cette approche biaisée n’amènera pas les changements durables dont nous avons besoin pour sauver l’humanité du désastre climatique. Nous invitons les leaders de l’industrie à bien réfléchir à l’avenir qu’ils souhaitent construire.

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