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lorraine

  • Sécheresse : « Si la mirabelle vient à disparaître de Lorraine, elle disparaîtra tout court »

    Article de Sylvain Villaume et Olivier Toussaint (photographies), publié dans Reporterre le 01.09.2026

    Canicules et sécheresse ont affecté la récolte de la mirabelle, véritable emblème de la Lorraine. Sans toutefois la compromettre : la filière fait preuve de résilience face au réchauffement climatique.

    Profitant d’une température plutôt fraîche pour la saison, en tout cas pour cet été 2026, soit 25 °C sous un soleil discret, environ 12 000 personnes convergent, dimanche 30 août, vers les berges du plan d’eau de Metz. Les spectateurs en ultime goguette avant la rentrée sont venus y admirer une trentaine d’embarcations au rythme et aux couleurs de l’Amazonie. Un thème d’une rare ironie : l’été, ici, a démarré par huit nuits tropicales d’affilée et, pour la première fois, des températures supérieures à 40 °C ont été relevées. Si ça ne saute pas aux yeux, cette parade nautique conclut deux weekends de festivités dédiées à une institution locale qui a souffert de cet été chaotique : la mirabelle.

    À Norroy-le-Veneur, au nord de Metz, Vincent Neveux constate le bouleversement à l’œuvre. Lui cumule maraîchage et arboriculture sur 10 hectares : « J’ai repris l’exploitation à mon père en 1993, j’avais 23 ans. Nous secouons les mirabelliers depuis quarante-cinq ans. Quand j’étais jeune, mon père ne mettait jamais le secoueur en place avant le 15 août. Cette année, nous l’avons installé dès le 20 juillet. »

    Même constat du côté de Mélanie Demange et son mari, Cédric, qui possèdent à Marieulles-Vezon, à moins de 20 km au sud de Metz, 2 500 mirabelliers sur 8 hectares de vergers, plus quelques poiriers et pommiers. « Les vignerons du village ont commencé leurs vendanges alors qu’il reste des tonnes de mirabelles dans les arbres : normalement, leurs récoltes démarrent quand les nôtres se terminent », observe Mélanie Demange, qui y voit le franchissement d’une étape supplémentaire dans le désordre ambiant.

    Selon les années, le couple d’agriculteurs récolte entre 50 et 60 tonnes de mirabelles, pour transformer l’essentiel en eau-de-vie, « environ 9 000 bouteilles par an », précise Mélanie Demange. Le 31 août, il en reste encore sur les arbres mais au bilan, le cru 2026 se situera probablement dans la fourchette basse. 

    « Ces conditions, nous les paierons »

    L’un des autres enjeux qui inquiètent nombre d’agriculteurs est celui du rendement. Le cahier des charges de l’indication géographique protégée (IGP), label obtenu dès 1996, prévoit un diamètre minimal de 22 millimètres, mais certains arbres accablés de chaleur et victimes de la sécheresse peinent à fournir des fruits à la taille requise.

    Vincent Neveux livre chaque semaine 1 tonne de mirabelles du bon calibre au grossiste Metro. Sur la saison, ce débouché représentera pas loin de la moitié de sa production totale, le reste étant vendu directement sur l’exploitation, sur le marché de Metz et à de nombreux restaurateurs du secteur : « En moyenne, nous récoltons 15 tonnes. Cette fois, nous serons plus proches des 12 tonnes. »

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  • Gaz de houille en Lorraine : nouveau Qatar ou nouveau Traquenard ?

    Communiqué de la FNE

    Alors que le Conseil constitutionnel a confirmé début octobre la validité de la loi interdisant la fracturation hydraulique, certains industriels ne se laissent pas abattre et ont d’autres cartes que les gaz et huile de schiste à jouer. Ainsi, les gaz de houille sont depuis quelques années l’objet de la convoitise de la société EGL en Lorraine, entre autres. France Nature Environnement et Mirabel réitèrent leur opposition à l’exploration et exploitation de ces gaz fossiles qui n’ont pas leur place au sein de la transition énergétique.


    La Lorraine n’est pas le Far-West : FNE demande l’annulation des forages illégaux

    Avec une réserve potentielle estimée entre 50 et 350 milliards de m3, le bassin minier de la Lorraine est très convoité pour son gaz de houille (aussi appelé gaz de couche, ou Coal Bed Methane). La société European Gas Limited (EGL), y détient deux permis exclusifs de recherches en Moselle (Bleu lorraine, Bleu Lorraine Sud) pour l’exploration des gaz de couche. Les dernières autorisations accordées en 2012 pour la réalisation de 4 forages auraient dû être soumises à enquête publique d’après le décret du 29 décembre 2011[1]. Mais EGL s’est dépêché de déposer un dossier (incomplet) avant la date d’entrée en vigueur de ce décret (1er juin 2012) afin d’échapper à cette procédure. Cette situation est contraire au droit de participation du citoyen à l’élaboration des projets qui impactent son environnement. C’est pourquoi France Nature Environnement vient de déposer un recours pour annulation de ces autorisations de forages illégales.

    Une nappe phréatique sous haute surveillance

    Le bassin houiller Lorrain est une zone géologiquement très fracturée : de nombreuses failles etextrac-methane.jpg fractures mettent en communication la nappe et les couches qui renferment le méthane. Or, la nappe des Grès du Trias inférieur, concernée de près par les travaux d’EGL, est une ressource stratégique pour la Lorraine avec un volume d’eau douce exploitable de 150 Milliards de m3, dont 100 Milliards de m3 sont utilisés annuellement pour l’alimentation en eau potable et l’industrie. Pour Romain Virrion, directeur de Mirabel « Pour l’instant, les travaux de recherche d’EGL n’utilisent pas la fracturation hydraulique qui est utilisée dans 90% des gisements de gaz de houille dans le monde car c’est la technique qui permet d’augmenter le rendement de l’exploitation. Le recours à la fracturation hydraulique n’est donc pas exclu si jamais elle est autorisée un jour en France. Qu’en serait-il alors de la protection de la nappe des Grès ? »

    Les gaz de houille ne sont pas compatibles avec la transition énergétique

    France Nature Environnement et MIRABEL Lorraine Nature Environnement plaident pour une mise en œuvre concrète de la sobriété, de l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. Dans leurs objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, ces associations jugent incohérents avec la transition énergétique les investissements dans des énergies du passé qui ne feront qu’aggraver les dérèglements climatiques. Pour Bruno Genty, président de FNE : « La France va se retrouver dans une posture délicate si demain elle massifie l’exploitation des hydrocarbures alors qu’elle accueillera en 2015 tous les pays du monde pour parler de climat. Difficile alors de se poser en exemple.»