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Greenpeace demande des précisions et des engagements fiables suite à l’annonce d’E. Macron concernant l’exploitation minière des abysses

Le président E. Macron a annoncé hier soir lors de sa visite au sommet des Nations unies sur les océans à Lisbonne : « Il faut un cadre légal pour stopper l’exploitation minière en haute mer ». Greenpeace France reste très prudente et demande à la France des engagements concrets. Est-on face à une véritable prise de conscience de l’urgence de protéger les océans et donc un retournement complet de la position française sur ce sujet, ou s’agit-il d’une nouvelle entourloupe d’Emmanuel Macron qui a multiplié les effets d’annonce lors de son précédent quinquennat sans aucune mise en œuvre ?

En effet, depuis plus d’un an, le président et le gouvernement français ont donné des signaux très clairs en faveur du développement de l’exploitation minière dans les océans via la publication de la « stratégie nationale pour l’exploration et l’exploitation des grands fonds » par le Premier ministre en mai 2021, l’abstention de la France au vote en faveur d’une résolution pour un moratoire au congrès de l’UICN à Marseille en septembre 2021, l’intégration de l’exploitation minière des océans dans la stratégie de relance 2030, ou encore son opposition à la demande de soutien de plus en plus large à un moratoire à l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM).

C’est pourquoi, avant de se réjouir, les annonces de Lisbonne demandent à être confirmées par des engagements clairs et concrets sur plusieurs points :

1) La France s’oppose-t-elle à l’adoption d’un code minier sur l’exploitation minière de la haute mer à l’Autorité internationale des fonds marins d’ici juillet 2023 ?

2) Le seul cadre possible pour stopper l’exploitation de ces ressources est l’adoption d’un moratoire sur le code minier pour l’exploitation des ressources minérales. En toute logique, la France doit soutenir ce moratoire et rejoindre la coalition lancée à Lisbonne pour porter cette demande. Va-t-elle le faire ? La France va-t-elle porter politiquement ce moratoire dans les réunions à venir cette année à l’AIFM ?

3) Enfin, pour être cohérentes et crédibles, les annonces contre l’exploitation minière en haute mer doivent être déclinées pour les eaux françaises, 2e domaine maritime au monde. La France va-t-elle mettre en place le cadre juridique national nécessaire pour empêcher l’exploitation minière dans les eaux françaises et en particulier dans le Pacifique ?

Si Emmanuel Macron précise sa déclaration en ce sens, il s’agirait d’une grande avancée pour la protection des océans. Mais sans plus de détails, il est aujourd’hui difficile de donner le moindre crédit à l’annonce faite par le chef de l’Etat à Lisbonne. Il faudra donc encore attendre avant de pouvoir célébrer cette possible avancée face à la menace que représente l’exploitation minière des océans.

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Le 20 mars, des militants de Greenpeace manifestent à San Diego (états-Unis) contre un navire affrété par Global Sea Mineral Resources (GSR), se préparant à tester son robot minier Patania II sur la côte ouest du Mexique. (Crédit : Martin van Dijl/Greenpeace)

 

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