Article publié par Amnesty International le
C’est l’un des derniers symboles de la presse libre et indépendante qui s’éteint en Russie. Le 9 novembre 2026, le journal Novaïa Gazeta est sommé de quitter ses locaux historiques à Moscou. Un coup de grâce porté à ce média d’investigation qui résiste depuis des années aux nombreux assauts du pouvoir russe.
Fondé en 1993 par Dmitri Mouratov, co-Prix Nobel de la paix 2021, Novaïa Gazeta était l’un des derniers médias indépendants à exercer en Russie. Ce média d’investigation a enquêté sur les crimes de l’armée russe, la corruption du pouvoir et les violations des droits humains en Russie.
Pendant des années, le journal a résisté à la pression croissante des autorités. Il a été victime de poursuites judiciaires, de perquisitions et d’attaques contre les membres de son personnel. Depuis sa création, six de ses journalistes ont été assassinés. Parmi eux figure la journaliste Anna Politkovskaïa, abattue devant son domicile le 7 octobre 2006 pour son travail d’enquête sur les violations commises en Tchétchénie. À ce jour encore, les commanditaires de son assassinat n’ont jamais été identifiés.
« Ils nous ont tués » a dénoncé la rédaction du journal Novaïa Gazeta. Certains de ses journalistes avaient choisi de rester à Moscou en Russie malgré les intimidations et les pressions incessantes. Mais c’est le cœur lourd que son rédacteur en chef, Sergueï Sokolov, a annoncé dans une vidéo diffusée sur YouTube le vendredi 30 octobre 2026 la fermeture du journal sous la pression du Kremlin. « Les autorités russes, les services spéciaux russes, ont contraint la rédaction à mettre fin à son travail. »