Les 7 et 8 septembre 2026, plusieurs associations de protection de la nature, constituées parties civiles, seront présentes devant le tribunal correctionnel d’Orléans. Ce procès porte notamment sur des faits de destruction d’espèces protégées en bande organisée, qui auraient été commis pendant plusieurs années au sein du domaine de Fontenaille, propriété d’Olivier Bouygues.
Dans quelques jours se tiendra le procès d’Olivier Bouygues, de cinq autres personnes physiques et de la SCEA Saint-Hubert. Deux jours d’audience attendus par plusieurs associations constituées parties civiles : l’ASPAS, le Centre Athénas, le Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire, France Nature Environnement (FNE), la LPO France (Ligue pour la protection des oiseaux), la LPO Centre Val de Loire, Loiret Nature Environnement (LNE), La Fondation 30 millions d’amis et One Voice. Les prévenus sont poursuivis, selon les cas, notamment pour destruction d’espèces protégées, chasse en temps prohibé, emploi de moyens de chasse prohibés, détention ou utilisation de produits phytopharmaceutiques interdits ainsi que pour des infractions relatives à l’exploitation d’un élevage de sangliers.
Au regard des éléments de l’enquête, les associations parties civiles soutiendront devant le tribunal que les faits poursuivis s’inscrivaient dans une organisation durable de destruction d’animaux sauvages, comprenant notamment, selon elles, un système de primes destiné à encourager certains abattages. Le tout au bénéfice d’activités de chasse et d’élevage.
Au cœur des poursuites, des faits de destruction organisées et répétées
À la suite d’un signalement adressé à l’OFB en mars 2025, l’enquête diligentée par le parquet d’Orléans a conduit à la saisie et au recueil de nombreux éléments relatifs à des destructions d’animaux sauvages par tirs, pièges ou empoisonnement. À partir des déclarations recueillies et des autres éléments de la procédure, les associations parties civiles ont, pour leur part, établi une estimation d’un nombre élevé d’animaux concernés.
Selon l’enquête, des gardes-chasse auraient été incités à détruire certains animaux considérés comme susceptibles de nuire aux activités de chasse, d’élevage ou de pisciculture exercées sur le domaine. Les perquisitions menées ont notamment conduit à la saisie d’armes, de nombreux pièges, de produits toxiques et de documents relatifs à des primes. Des restes d’animaux, dont certaines espèces protégées, ont également été découverts dans un charnier présent sur le domaine.
Les peines encourues donnent la mesure de la gravité des faits : la destruction d’espèces protégées est passible de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. Lorsque cette infraction est commise en bande organisée, circonstance visée par les poursuites dans cette affaire, les peines peuvent atteindre sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende.
Les poursuites pour destruction concernent notamment des buses variables, hérons cendrés, grands cormorans, choucas des tours, chats sauvages et hérissons. Une poursuite distincte concerne également la détention d’un écureuil roux, espèce protégée.
Pour les associations de protection de la nature, l’ampleur et la durée des faits poursuivis sont susceptibles d’avoir affecté durablement la biodiversité locale au sein de cette vaste propriété close.