Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • réforme territoriale : l'avis de Bachy

    Les propositions de la commission Balladur sur la réforme de l'organisation territoriale continuent de susciter des commentaires . Les présidents de région sont en général hostiles à ces propositions, beaucoup y voyant une manoeuvre politicienne contre ces assemblées de gauche . Ce n'est peut-être pas la seule raison de cette réforme, mais il est difficile de croire que l'UMP n'avait également une arrière-pensée de revanche électorale .

    Le président de la région, Jean-Paul Bachy donne quelques réflexions à ce sujet à notre confrère "L'Est Eclair" . En voici des extraits :


     

    Jean-Paul Bachy, les conclusions du Comité Balladur sur la réforme des collectivités évoqueraient une extension de la région Champagne-Ardenne. Y êtes-vous favorable ?
    Il me paraît de toute façon plus positif de l'étendre que de la restreindre, voire de la démanteler. Mais ce processus ne pourrait se faire que dans le cadre d'une consultation des assemblées concernées. Et tout ça, c'est pour l'après-2014.

    Il serait aussi question d'un scrutin par liste pour les conseillers généraux comme pour les conseillers régionaux…

    Il s'agirait d'une forme de scrutin d'arrondissement où les conseillers territoriaux seraient appelés à représenter leur canton au sein de 198273-0014.jpg?t=1309l'assemblée régionale. C'est un système qui me paraît fort dangereux. La légitimité d'une assemblée et d'un président est d'être élu au suffrage universel direct. Le système préconisé est à deux degrés. C'est risquer de casser la légitimité des assemblées régionales et des présidents, et de dénaturer la mission fédératrice des régions. Avec aussi un risque de cantonalisation, de querelles d'influences entre départements ou morceaux de départements, et enfin d'émietter totalement les politiques régionales. La décentralisation doit au contraire se traduire par un renforcement de l'échelon régional pour éviter tout départementalisme.

    On parle aussi de transférer les collèges aux Régions. Qu'en pensez-vous ?

    Je trouve que les Départements s'occupent très bien des collèges. Je ne vois pas ce que ça ajouterait de les transférer aux Régions. La région est en revanche l'échelon le plus déterminant pour la politique économique, la recherche et les grandes infrastructures.


    La région doit-elle présenter un plan de relance ?
    Le budget 2009 est un budget de soutien à l'activité économique, avec des moyens très importants dégagés en faveur de la création et de la reprise des entreprises, ainsi que pour la formation et la qualification des hommes.

    Vous serez candidat aux prochaines élections régionales. Candidat du Parti socialiste, candidat indépendant ou de toutes les forces de gauche ?

    J'ai toujours agi avec un esprit fédérateur, et pensé qu'on réussissait mieux en réunissant les bonnes volontés. En tant que président de la Région, j'entends exprimer l'intérêt général de tous les Champardennais. Il y aura un programme qui rassemblera l'ensemble des forces de progrès de cette région lors des prochaines élections régionales.

    Le MoDem pourrait-il vous rejoindre ?

    Je ne sais pas. C'est sur la base de propositions concrètes que les gens se détermineront. Personne ne doit être a priori exclus. Pour bouger le pays, comme je l'ai dit, il faut déjà fédérer les forces de progrès. Ça a été la démarche de François Mitterrand. Cette démarche reste tout à fait d'actualité.
    Pour le reste, la différence entre la gauche et la droite réside dans la dimension de solidarité. Notamment avec l'école de la deuxième chance. Sept cents jeunes Champardennais, en situation d'échec scolaire et d'exclusion, suivent aujourd'hui des formations en alternance pour leur permettre, pour 50 % d'entre eux, de retrouver un diplôme et un emploi.

    warsmann_198x145.jpgLes élections régionales seront un combat entre Ardennais, contre l'UMP Jean-Luc Warsmann ?

    Alors là, ce n'est pas du tout ma préoccupation. Mon souci n'est pas de savoir qui est contre qui. Mon projet est de fédérer la région. Le reste ne m'intéresse pas. Je ferai des propositions. Les gens qui se réuniront autour de ces propositions seront les bienvenus. Et je pense, sur la base du bilan, qu'il seront bien plus nombreux demain qu'ils ne l'étaient au moment où nous avons présenté notre liste en 2004.

    Que pensez-vous de Jean-Luc Warsmann ?

    Il est le conseiller général du canton de Grandpré, dans l'arrondissement de Vouziers, l'un des cantons qui ont le plus décliné, qui ont perdu le plus de population, d'activités et d'exploitations agricoles. C'est tout ce que j'ai à en dire pour le moment.

  • Thomé-Génot : la justice s'en mêle

    Les salariés de Thomé-Génot ont vécu la liquidation judiciaire de leur entreprise, et après la reprise par Ardennes Forge une deuxième liquidation : le sauveur annoncé n'a pas tenu ses promesses . Un dispositif de CTP ( contrat de transition professionnelle) a été mis en place, mais il apparaît que les salariés n'aient pas bénéficié des formations liées à ce contrat . Une partie de l'argent a-t-elle été détournée ? C'est ce que doit dire la justice qui est saisie . Voici le compte rendu du"Monde" :

     

    jaquette_NB-54c12.jpgJusqu'au bout, Thomé-Génot aura été poursuivi par le mauvais sort. Il y a vingt ans, cet équipementier automobile, niché dans la vallée de la Meuse, à Nouzonville (Ardennes), trônait en leader mondial du pôle d'alternateurs. Aujourd'hui, le coeur de l'usine a cessé de battre, mais son nom continue d'apparaître dans un interminable feuilleton judiciaire, qui vient de connaître de nouveaux rebondissements : le dernier directeur du site a été mis en examen pour abus de biens sociaux et escroquerie aux Assedic.

    Dépouillée de sa trésorerie par des actionnaires américains indélicats, l'entreprise avait été poussée à la liquidation en octobre 2006 (Le Monde du 22 novembre 2006). Mais les collectivités locales s'étaient démenées pour sauver l'activité. Vice-président du conseil général, à p-mathot.jpgl'époque, Philippe Mathot (photo ci-contre) avait fait venir des investisseurs, avec l'appui d'un autre élu de l'assemblée départementale, Boris Ravignon, aujourd'hui conseiller à l'Elysée. Finalement, Bruno Quéval, patron d'une filiale du groupe néerlandais Farinia, avait repris l'affaire et créé, sur les cendres de Thomé-Génot, une nouvelle société :Ardenne Forge

    Pour favoriser l'envol de cette SARL, le conseil général et Oseo, un établissement public qui soutient les PME, avaient donné un coup de pouce. Durant plusieurs mois, une partie de la rémunération des salariés avait été prise en charge dans le cadre du contrat de transition professionnelle (CTP), un dispositif réservé à certains bassins d'emploi. De même, des aides à la formation avaient été accordées à l'entreprise.

    Malgré toutes ces mesures, Ardennes Forge a dû fermer ses portes, après une seconde mise en liquidation prononcée en juin 2008. Epaulés par leur avocat, Me Xavier Médeau, les salariés ont alors déposé plainte contre le directeur d'Ardennes Forge : ils lui reprochaient d'avoir empoché des subsides en contrepartie d'actions de formation qui ne furent pas dispensées, selon eux.

     

    "QUE JUSTICE PASSE"


    Le parquet de Charleville-Mézières a ouvert une enquête préliminaire, puis une information judiciaire. Début novembre 2008, M. Quéval a été placé en garde à vue pendant un peu plus de 24 heures, et interrogé par les enquêteurs du SRPJ de Reims. L'un de ses collaborateurs a, comme lui, été mis en examen - mais uniquement pour escroquerie, indique-t-on au parquet. Outre la question des formations qui seraient inexistantes, les policiers mènent des investigations sur des sommes qui auraient transité d'Ardennes Forge vers d'autres sociétés.

    M. Quéval ne comprend pas les reproches qui lui sont faits. "Ça me paraît disproportionné", confie-t-il. Les dispositifs, dont Ardennes Forge a 0000024128-0_w_230_h_230.jpg?1235767212profité, lui avaient été proposés par "les services de l'Etat, avec la bénédiction de tout le monde". "Que justice passe, déclare-t-il. On rétablira la vérité."

    M. Mathot, lui, assume pleinement le rôle qu'il a joué fin 2006, début 2007, et se dit même "très fier" d'avoir "mis M. Quéval dans le circuit". Cet industriel, ajoute-t-il, a fait preuve de "courage" en reprenant une usine qui évoluait dans un secteur où la concurrence est féroce. La tournure prise par cette affaire est "écoeurante", aux yeux de M. Mathot.

    Bertrand Bissuel