Loi d’urgence agricole : accaparement de l’eau et graines de discorde dans les territoires (16/07/2026)
Communiqué de FNE du 16 juillet 2026
La Commission mixte paritaire vient de rendre sa copie finale sur la loi d’urgence agricole. Ce troisième texte agricole en à peine 18 mois sera soumis au vote final des deux chambres les 20 et 21 juillet prochains. France Nature Environnement appelle les député·es à voter contre ce texte, qui met en péril aussi bien notre santé que notre eau, sans aider les agriculteurs et agricultrices.
Au lieu d’accompagner notre agriculture face au choc climatique, ce projet de loi organise une fuite en avant irresponsable, fragilisant durablement notre souveraineté alimentaire et notre capacité à produire demain. En s’obstinant dans une logique de court terme, le texte condamne nos biens communs les plus précieux.
«Face au changement climatique, l’agriculture a besoin d’investissements massifs dans la transition agroécologique et de garantir un revenu digne aux paysan.nes, pas de nouveaux reculs environnementaux. Affaiblir la protection de l’eau, détruire les zones humides et réintroduire des pesticides dont la dangerosité est avérée, c’est saborder la capacité même de notre agriculture à produire demain.» Morgane Piederrière, Responsable du plaidoyer chez France Nature Environnement
Gestion de l’eau : le choix délibéré de la maladaptation et de l’accaparement
En matière d’eau, le texte valide une fuite en avant irresponsable. En facilitant à outrance le stockage de l’eau pour l’irrigation, il légitime son accaparement par une infime minorité d’exploitations intensives. Dans un contexte de sécheresses et de canicules chroniques, cette loi place de fait l’agriculture industrielle au-dessus de tous les autres usagers. Ce choix s’opère au détriment d’une répartition juste et démocratique de la ressource et menace directement l’accès de toutes et tous à l’eau potable, ainsi que le maintien des milieux naturels indispensables à la résilience de nos territoires et de notre agriculture.
Le texte organise de plus le démantèlement de la protection des zones humides, ouvrant la voie à la disparition de près de la moitié d’entre elles. Ces milieux sont pourtant nos meilleurs boucliers contre les sécheresses et les inondations.
En affaiblissant également la protection des captages d’eau potable, les parlementaires ignorent délibérément les alertes des collectivités et jouent avec la santé publique.
Pesticides : le retour des néonicotinoïdes, un déni démocratique, climatique et sanitaire
Pour aggraver le bilan, la commission mixte paritaire a cédé à Laurent Duplomb et à la FNSEA en validant la réintroduction de deux néonicotinoïdes. Ces pesticides «tueurs d’abeilles», dont les effets dévastateurs sur les pollinisateurs, la biodiversité et les risques pour la santé humaine sont scientifiquement indiscutables, font l’objet d’un rejet massif. L’an dernier, plus de deux millions de citoyennes et de citoyens s’étaient mobilisés contre leur retour. En balayant cette expression démocratique, le texte constitue un recul démocratique et écologique inacceptable. Près de 2 000 grands électeur·rices se sont exprimé.es et refusent de reconduire les sénateur·rices coupables d’avoir réintroduit les néonicotinoïdes.
Le constat est sans appel : ce texte va beaucoup trop loin. Ce ne sont plus seulement les défenseurs de l’environnement qui tirent la sonnette d’alarme : d’anciens ministres de l’Agriculture, des collectivités et le MEDEF ont exprimé leurs plus vives réserves face à ces dispositions destructrices.
Le 20 juillet, nous appelons les député.es à faire le choix du collectif en votant contre la loi d’urgence agricole. La protection de l’eau, de la biodiversité et de la santé publique n’est pas un obstacle : elle est la condition d’une agriculture résiliente et durable

21:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fne, loi d'urgence agricole, écologie, gestion de l'eau, pesticides |
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