Iran : la fabrique de l’atrocité (16/09/2026)

Article publié par Amnesty International le 16.09.2026

En Iran, les atrocités commises par les autorités durant le mouvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022 ont marqué nos mémoires. Après des années d’enquête approfondie, nous accusons aujourd’hui 87 membres des autorités iraniennes de crimes contre l’humanité. Des crimes rendus possibles par un système qui fabrique, encourage et nourrit la répression sur place depuis des décennies. Nous nous sommes plongés dans les méandres de cette machine à produire l’atrocité. Voici nos révélations.  

C’est l’une des plus grosses enquêtes jamais réalisées par Amnesty International. Quatre ans après le décès en détention de Jina Mahsa Amini aux mains de la police des mœurs en Iran le 16 septembre 2022, nous publions un nouveau rapport d’envergure de plus de 1 000 pages intitulé « Les architectes de l’atrocité », voué à ouvrir la voie vers davantage de justice en Iran.  

Ce rapport, c’est une documentation extrêmement riche et précise, des centaines de témoignages et un corpus de preuves considérable… En clair : des années d’enquête sur les atrocités commises par autorités iraniennes durant les trois premiers mois de la répression du mouvement « Femme, Vie, Liberté », de septembre à décembre 2022. 

Une enquête qui nous mène à une conclusion majeure : durant la répression, les autorités iraniennes ont commis six catégories de crimes contre l’humanité : meurtres, emprisonnements, disparitions forcées, tortures, viols et persécutions. Des atrocités commises de manière généralisée et systématique à l’échelle nationale contre le peuple iranien.  

Comment de telles violences ont-elles été rendues possibles ?  

En enquêtant au cœur de cette machine à produire l’atrocité, nous sommes remontés jusqu’à la source. Notre recherche révèle une chaîne de commandement implacable avec à sa tête, le Guide Suprême, doté d’une autorité absolue sur l’ensemble des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Un système dirigé d’une main de fer. Verrouillé. Vertical. Coercitif. Implacable. 

Comment s’est organisée cette machine durant la répression ? Comment fonctionne ce système qui semble inébranlable depuis des décennies ? Qui se cache derrière et qui tenir pour responsables ? Aujourd’hui, nous mettons à jour cette architecture de la répression en Iran et nommons 87 responsables qui doivent être jugés pour crimes contre l’humanité

Ils sont en grande partie issus du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et la Police de la République islamique d’Iran (désignée par son acronyme en persan FARAJA). Des forces de sécurité entièrement dédiées à la mise en œuvre de stratégies répressives formulées et coordonnées par les officiels du ministère de l’Intérieur.  

Aujourd’hui, le système que nous avons documenté continue de réprimer : le peuple iranien subit encore et encore les mêmes atrocités des autorités. En témoignent les massacres au cours des manifestations de janvier 2026, durant lesquelles les mêmes méthodes de répression ont été employées pour saper l’opposition, à une échelle encore bien plus vaste.   

La communauté internationale ne peut plus fermer les yeux. Nous connaissons leurs noms. Nous connaissons leurs rôles. Nous connaissons leurs crimes. Demain, ces responsables doivent faire l’objet de poursuites pénales pour que le cycle infernal de violences cesse enfin dans le pays.  

Ce rapport est un premier pas vers la justice. Mais il n’ouvre les yeux que sur une partie des responsables de crimes contre l’humanité en Iran. Demain, de nouvelles enquêtes devront être ouvertes pour déterminer la responsabilité d’autres officiels iraniens, dans les atrocités commises dans le pays hier comme aujourd’hui. 

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