Un nouveau pacte européen sur la migration dénoncé comme « xénophobe » (09/06/2026)

Article publié dans Basta! le 09.06.2026

De nouvelles règles qui durcissent la politique d’immigration et d’asile au sein de l’UE entrent en vigueur cette semaine. Contre ces mesures et le projet de centres de rétention dans des pays tiers, une mobilisation est prévue vendredi à Paris. 

Pour l’eurodéputée française écologiste Melissa Camara, c’est un texte qui « consacre par écrit des idées et un discours xénophobes au détriment des droits fondamentaux des migrants, dont la seule faute a été de naître avec le mauvais passeport ». Début juin, le Parlement européen et les États européens se sont accordés sur de nouvelles règles pour durcir la politique migratoire de l’Union européenne.

Le texte crée notamment la possibilité d’implanter des « hubs de retour », soit des centres de rétention installés dans des pays en dehors de l’Union européenne et avec l’accord de ces pays, pour y renvoyer les personnes qui seraient en situation irrégulière. L’Italie de Giorgia Meloni a déjà tenté de se doter de tels centres en Albanie.

Accord entre la droite et l’extrême droite

« L’accord légalise les centres de renvoi situés en dehors de l’Union européenne et donne le feu vert à la détention de mineurs ainsi qu’aux interdictions d’entrée à vie sans motifs juridiques sérieux. Il affaiblit également les droits procéduraux, allonge la durée de la détention et cautionne les pratiques de l’ICE en autorisant les autorités à mener des perquisitions à domicile », ajoute l’eurodéputée française.

Pour elle, l’accord conclu entre les États et un Parlement européen « dominé par une majorité composée du Parti populaire européen [droite] et de l’extrême droite » est « honteux ». Le texte prévoit aussi d’allonger les durées de rétention des personnes migrantes jusqu’à 24 mois.

Enfermement, tri, refoulement

En parallèle, le pacte de l’Union européenne sur la migration et l’asile, adopté en mai 2024, entre en vigueur ce vendredi 12 juin. Cette éventail de mesures va aussi durcir les conditions d’immigration et d’asile en Europe. Pour le Groupe d’information et de soutien des immigrés, le Gisti, le « “nouveau Pacte sur la migration et l’asile” entérine une grave régression des droits fondamentaux des personnes migrantes et exilées ».

L’organisation pointe la « grande opacité » dans laquelle les textes composant ce pacte ont été adoptés, et dénonce un paquet législatif qui « privilégie, à travers un dispositif d’une extrême technicité, d’une part la dissuasion en amont des arrivées irrégulières de personnes étrangères en Europe, d’autre part des procédures renforcées de contrôle et de tri aux frontières en vue d’en expulser le plus grand nombre, et enfin la répartition autoritaire de celles qui seraient reconnues comme éligibles à l’asile au sein des États membres volontaires ».

« L’application de procédures expéditives, soumises à des délais intenables en pratique, aura pour conséquences inévitables le déni du droit d’asile et la massification de la détention aux frontières extérieures de l’Europe », alerte l’organisation. L’association de solidarité la Cimade fustige également un pacte qui « généralise l’enfermement, le tri et le refoulement des personnes arrivant aux frontières extérieures européennes ».

Contre ce pacte européen sur l’asile et l’immigration et contre le texte sur les « centres de renvois », la Marche des solidarités et d’autres organisations prévoient une manifestation vendredi 12 juin à 17 heures, place de la République à Paris.

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Lors d’un sauvetage en mer, en 2023, au large de l’Italie. ©Guy Pichard

21:26 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : migration, droits des migrants, xénophobie, basta, union européenne | |  Facebook | |  Imprimer |