Comme les humains sont partis, la nature a repris ses droits. Mais des études faites, notamment par A.P. Møller et T.A. Mousseau, montrent, par exemple, que la matière organique se dégrade moins vite dans les sols là où la contamination radioactive est le plus élevée. Ces mêmes auteurs ont aussi mis en évidence un impact sur les oiseaux. Pour protéger la biodiversité, il vaut mieux avoir des zones préservées des humains, sans contamination radioactive !
Les études sur l’impact environnemental de la contamination radioactive ne reposent pas sur les mêmes critères que pour la santé humaine. Pour les humains, les critères sont beaucoup plus exigeants, car il faut protéger chaque individu, alors que pour les plantes ou les animaux, on cherche à protéger l’espèce.
Idée reçue 4 : L’accident de Fukushima n’a pas été si grave, le risque nucléaire est donc minime.
L’accident de la centrale de Fukushima aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus graves. Si la piscine du réacteur n°4 (la plus chargée en combustible usé), sans enceinte de confinement, avait cédé, il fallait envisager l’évacuation jusqu’à 250 km autour de la centrale, c’est-à-dire jusqu’à Tokyo et ses 10 millions d’habitants. La position de la centrale a aussi joué puisqu’environ 80 % des rejets radioactifs sont allés vers l’océan Pacifique. Les mêmes rejets sur un autre site auraient pu entraîner l’évacuation d’un plus grand nombre de personnes.
Cet article est issu d’un entretien avec David Boilley, conseiller scientifique de l’ACRO, réalisé par Maëlle Maraval Liénard.


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