Les louanges d’Emmanuel Macron
Il y a quelques années, le gouvernement ne tarissait pourtant pas d’éloges sur cette start-up, présentée comme la fine fleur de la « French Tech ». Dans le cadre d’une visite d’État aux États-Unis, en 2022, Emmanuel Macron avait emporté dans ses valises le président d’Ÿnsect, aux côtés de Bernard Arnault (PDG de LVMH), de Patrick Pouyanné (PDG de TotalEnergies) et de Rodolphe Saadé (dirigeant de l’armateur CMA CGM). En mai 2021, trois membres du gouvernement avaient gratifié Ÿnfarm d’une visite : Barbara Pompili (à la Transition écologique), Cédric O (à la Transition numérique) et Julien Denormandie (à l’Agriculture). Ce dernier siège aujourd’hui au comité stratégique de Keprea, une nouvelle entreprise d’élevage d’insectes fondée par Antoine Hubert en 2024, dont il est aussi l’un des principaux actionnaires.
Avec ce rapport, l’Obsaf et l’Onei espèrent sonner l’alerte quant aux risques — et à l’intérêt discutable — de cette industrie dans laquelle « encore beaucoup d’argent pourrait être investi » aux dépens de solutions plus prometteuses, explique Tom Bry-Chevalier. L’idée est également d’éviter que cette gabegie « ne se reproduise dans d’autres filières », dit Julie Coumau.
L’analyste de l’Obsaf évoque le projet de méga-usine de saumons du Verdon-sur-Mer (Gironde), actuellement en attente d’une décision préfectorale. « Pour l’instant, il s’agit d’investissements privés, précise-t-elle. Mais il y a aussi beaucoup de risques pour l’environnement. » Qu’il s’agisse de projets d’élevage de coléoptères ou de saumons, elle espère de l’État « une meilleure prise en compte de la littérature scientifique », et des choix « plus mesurés ».


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