De l'utilité des barrages de retenue en cas d'inondation. (27/01/2018)

Les fortes pluies de ces dernières semaines entraînent des crues importantes des principaux cours d'eau de notre région. Ce phénomène est parfaitement naturel, et n'atteint pas un stade exceptionnel type crue centennale. En 1910, une crue historique a provoquée de nombreux dégâts, et s'est prolongée plusieurs semaines. La cote de 8 mètres a été dépassée à Paris lors de cet épisode, pour environ 6 mètres actuellement.

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Depuis cette date, l'urbanisation a fortement progressé, augmentant les risques. Des zones inondables ont été utilisées pour des constructions, et les infrastructures souterraines se multiplient (métro, réseaux, garages, ...). Pour diminuer les conséquences prévisibles de ces inondations, trois grands lacs réservoirs ont été créés en amont de Paris.

Leur utilité est rapidement remise en cause, comme on peut le voir sur le point de situation fait ce jour par le gestionnaire de ces lacs.

"Le samedi 27 janvier, les quatre lacs-réservoirs stockent un volume de 780 M. de m³ (92 % de la capacité totale), soit un excédent de remplissage de 400 M. de m³. Le volume encore disponible pour l'écrêtement des crues est de 68 millions de m³. Sur les quatre lacs-réservoirs, le volume accumulé en 24 h s'élève à 20 millions de m³. Ils permettent aujourd’hui de dériver un débit de plus de 190m³/s. Aucun lâcher n’a été effectué depuis le début de la crue.

Les débits atteints en amont des lacs-réservoirs ont été très importants, supérieurs à la crue de mai 2013 et ce sont des crues significatives pour la saison. Les pointes ont été observées, et les cours d’eau amorcent lentement une légère baisse.

Les lacs-réservoirs permettent une diminution des niveaux de 25 cm à Paris"

On retient un remplissage à 92 %, mais qui atteint 106 % pour le lac Aube, qui utilise donc sa tranche exceptionnelle et n'a pratiquement plus aucune capacité de stockage.

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Nous savons bien en Argonne qu'une crue en amène souvent une autre dans sa suite, les sols étant saturés. Les barrages ne pourront plus avoir qu'un rôle marginal, leur capacité de réserve correspondant à 3 jours de prélèvement au rythme actuel.

Et tout cela pour un résultat très modeste, 25 cm de diminution des niveaux à Paris annonce le gestionnaire des lacs. C'est pour cela qu'aucun lac supplémentaire n'est prévu. Les plans prévisionnels de gestion de crise insistent sur l'information et la formation des riverains, particuliers ou collectivités. Une crue centennale, ou pire millénale, ne pourra être contenue. Seule une gestion préventive des dégâts reste possible et réaliste.

Quand on repense au barrage prévu à Savigny, sensé protéger les communes de l'Oise en particulier. Son rôle n'aurait pu être que bien plus modeste que ces grands ouvrages (848 millions de mètres cube !). Au mieux, la retenue aurait décalé de quelque temps la montée des eaux, ayant un impact de quelques centimètres sur le niveau de l'inondation, et à condition que le phénomène soit de durée brève.

On est informé que l'Entente Aisne-Oise va probablement récupérer la gestion des inondations pour notre bassin. Il faudra se montrer vigilant face à cet établissement qui a été à l'origine du projet de barrage de Savigny.

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